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Petit déjeuner Euralia / Institut Goethe sur l’Union européenne après les élections de mai 2019

Le 9 octobre 2019, EURALIA a organisé, en partenariat avec Institut Goethe de Paris, un petit déjeuner-débat pour évaluer les conséquences des élections européennes de mai dernier, élections qui ont profondément renouvelé le visage des institutions bruxelloises.

 

Une soixantaine de participants ont eu l’occasion d’échanger avec un panel de spécialistes en affaires européennes :

  • Jean Arthuis, ancien ministre et ancien député européen
  • Pascale Joannin, directrice générale de la Fondation Robert Schuman
  • Sylvain Kahn, enseignant-chercheur du Centre d’histoire de Sciences Po
  • Christine Verger, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors

Le débat était animé par Georg Blume, directeur du bureau de l’hebdomadaire Die Zeit à  Paris.

Le nouveau Parlement européen et la place des Verts

Christine Verger note avec satisfaction une hausse de participation aux élections européennes dans la plupart des pays européens par rapport à 2014. Elle relève également que les préoccupations environnementales ont été plus fortes à l’ouest qu’à l’est de l’UE.

Selon Sylvain Kahn, les Verts devenus le quatrième groupe politique pèseront sur la balance des pouvoirs au sein du Parlement européen.

Pascale Joannin regrette que, malgré les efforts de l’UE en ce qui concerne les politiques vertes, le reste du monde ne semble pas avancer à la même vitesse, notamment la Chine et les Etats Unis.

Jean Arthuis constate à son tour que les actes ont parfois du mal à être à la hauteur des discours politiques dans le domaine de l’environnement Mais, selon lui, « il y a une prise de conscience d’une responsabilité européenne sur les grands enjeux mondiaux, comme l’environnement ».

 

L’Europe peut-elle répondre à la crise sociale ?

Les Gilets jaunes sont-ils un sujet uniquement français -une sorte de révolte à la française- ou représentent-ils une colère plus large, commune à plusieurs autres pays et qui pourrait avoir pour origine les politiques européennes ou plus exactement son absence, dans le cas de la politique sociale ?

Pour la plupart des panelistes, les Gilets jaunes sont un phénomène avant tout français. Christine Verger a même constaté que le groupe politique qui pourrait correspondre, sur le plan des idées, au mouvement des Gilets jaunes à l’échelle européenne, Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL), a vu son nombre de sièges diminuer en 2019, n’ayant que 41 députés européens de 751 au total à l’hémicycle.

Selon Sylvain Kahn, les manifestations ont eu une vertu : aider Emmanuel Macron à sortir de l’Elysée et à débattre avec les citoyens. De plus, cela aura fait comprendre à l’UE que la France ne pourra pas respecter ses engagements budgétaires de Maastricht.

En revanche, Jean Arthuis considère que le mouvement des Gilets jaunes est une conséquence d’un phénomène qui va au-delà de la France, tout comme le Brexit ou l’élection de Donald Trump : ce phénomène, c’est la mondialisation et ses effets sur la vie quotidienne de bon nombre de citoyens. Jean Arthuis estime que nous sommes principalement gouvernés par des textes régulant le marché intérieur, textes qui ont été rédigés avant que la mondialisation ne s’impose à toutes les économies et alors que l’Union européenne a peu de compétences pour lutter contre ses effets négatifs.

Pascale Joannin a, quant à elle, accusé les Etats membres d’être responsables de l’absence de politique sociale européenne car ces derniers « ne veulent pas partager cette compétence. »

 

La nouvelle Commission européenne

Pascal Joannin relève que Mme von der Leyen est la première femme à occuper ce poste, avec, pour la 1ère fois également, un collège des commissaires totalement paritaire. Cependant, elle juge qu’il y a trop de commissaires (un par Etat membre) et que certains ont peu de compétences.

Jean Arthuis estime qu’il faut créer quelques sujets « chauds » au niveau européen, sujets qui pourraient mobiliser une opinion publique européenne qui, aujourd’hui, n’existe pas. A l’inverse, selon lui, on laisse la parole à des Etats membres, souvent populistes dans leur discours, mais qui sont en réalité, collectivement impuissants sur beaucoup de sujets, tels que la migration, l’économie numérique, le changement climatique et la défense.

Contrairement à Jean Arthuis, Sylvain Kahn est d’avis qu’une opinion publique européenne existe bel et bien : « Il y a une opinion européenne. Ce n’est pas parce qu’il y a parfois de violents débats et oppositions qu’elle n’existe pas, au contraire. Il y a en réalité une société et des valeurs européennes, car le propre de l’Europe, c’est précisément le débat ».

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